Les Kasbah….
Ma première magnifique balade en 4X4 : 80 km de piste vers Ouarzazate, en passant par Telouet, Aït Ben Haddou. J’ai adoré… cela m’a fait pensé au Niger…. Bâtisses en pisé, cette terre ocre rouge qui sert de base pour les constructions. Des habitations qui seront fraîches. Et puis, Le vert lumineux de cette nature marocaine au printemps, les parterres de céréales, les arbres en fleurs… amandiers.
Zagora…. Il n’y avait personne pour faire avec moi bivouac/chameau/dunes de Merzouga ou Zagora, M'Hamid… un peu cher… Le Sahara marocain, ce sera donc pour la prochaine fois. Les gens préfèrent piscine/farniente…et louer un 4X4 seule était très cher. Donc je retournerai à partir de l’automne 2005, au moins encore une fois au Maroc.
Marrakech…
Comme d ‘habitude, je me suis ressourcée dans les souks que j’ai arpentés 3 jours durant à discuter avec les Marrakchis : habitants, passants, marchands … j’ai visité des palais, des riads, des musées. Avalé des nourritures typiques dans la rue, sur la Place Jemaa el Fna, dans des gargottes où l’on mange avec les doigts et du pain. Tagines brûlantes, escargots poivrés…
Vivre dans la rue. J’ai eu confirmation de beaucoup de choses.
Là, je suis bien.
Cette ville de Marrakech, une ville trop grande maintenant, polluée même, presque européenne malgré la grande misère que j’ai encore vu 1 an ½ après mon précédent voyage, est une ville que j’aime. Elle est cosmopolite et trop touristique, mais cela représente un espoir de développement. Il y a beaucoup de chantiers. J’ai remarqué des appartements avec climatisation en construction sur les avenues principales. Pour qui ? des européens, j’en ai bien l’impression, mais aussi pour les marocains aisés. La politique actuelle est de tenter de relever le niveau de vie de toute la population même la plus précaire. Est-ce possible ?
Dans cette grande ville, je retrouve mes marques. Je la connais inconsciemment et la voit grandir. Je m’y suis sentie bien tout de suite. Une impression de rentrer chez soi, comme si Marrakech était ma « résidence secondaire ». Je le ressens lorsque je marche, lorsque je prends le bus. Les touristes me demandent leur chemin. Je suis moi-même. Je ne porte pas de « short », pas de « bob » et ne marche pas en file indienne. Je ne suis plus européenne, car je vais seule.
Néanmoins, je regrette que cette ancienne ville impériale perde un peu de son âme.
Les anecdotes …
On m’offre le thé… comme ça juste pour papoter… et puis aussi je me fais parfois « avoir » paie trop cher car après tout je m’en moque. Je flâne erre adore… prends le thé dans la famille d’un adolescent qui m’avait demandé trop d’argent. La mendicité est une seconde nature ici. Je n’avais plus du tout de pièces de monnaie… je l’ai grondé. Alors il m’a emmené à l’improviste chez lui pour regarder un match et écouter le chanteur « Khaled »… il s’appelait Khaled et avait peut-être 14 ans.
Mes rencontres…
Comme lors de mon précédent voyage à Marrakech, j’ai rencontré un professeur. Il est enseignant stagiaire en sociologie. L’an passé, c’était un professeur de français qui s’était reconverti au métier d’éducateur pour enfants handicapés en France. Passer du Lycée français de Marrakech à un centre d’éducation à Rennes est un exploit. Rencontre formidable… nous avions parlé cuisine orientale, épices, jardinage….
Aujourd’hui, je discute avec mon nouvel ami éphémère des poètes arabes, persans… Omar Khayam, Abou Nawas, Abou Kacem Chabbi (tunisien originaire de Tozeur : voir note en fin de texte) et d’autres. Ce professeur de sociologie est berbère. Pur berbère. Les maghrébins maintenant le revendique. C’est bien. Il me dit que je suis très cultivée et me demande si je suis heureuse en France. Je lui réponds que non. Je lui fais part de mon plaisir lorsque j’ai assisté à la « Fantasia », mais lui explique que je ne suis pas objective : la culture arabe me passionne. Il me propose de m’emmener à Essaouira, voire jusqu’au Sahara, hors des chemins trop « courus ». Malheureusement, il ne me reste que peu de journées disponibles pour aller aussi loin. En fait, une seule journée, car je veux visiter la région des Kasbah qui est plus proche. De plus, une amie à lui, française, est en vacances ici avec un petit garçon. Mais nous aurons eu deux conversations très enrichissantes.
En bref….. Mis à part ces rencontres : j’ai préféré.. le désert tunisien… surtout la partie proche de l’Algérie, les berbères (euh… pas Brahim…), les chèvres…. J’irai dans le Sahara marocain à la recherche des mêmes sensations, des mêmes visions. Ce que j’aime à Marrakech, c’est la vision solitaire de la voyageuse curieuse de goûter à la vie pleinement. Car ce n’est que seul que l’on ressent cela.
Mon anniversaire…
45 ans au Maroc, le pays que j’aime.
J’ai passé une formidable soirée Fantasia pour ce « grand » jour … j’ai adoré. Le meilleur méchoui de ma vie. Viande tendre et succulente déchirée avec le pain. Danseuses berbères, chants traditionnels. Et puis ces beaux cavaliers, des ados, des hommes bien âgés aussi. Les chameaux, les chevaux….. la musique gnawa, les touaregs.. et une sexy danseuse orientale …je danse aussi bien qu’elle !
Le « Maa essalama » de la fin m’a mis les larmes aux yeux.
AU REVOIR…
Et Finalement : rendez-vous à Essaouira pour une prochaine… très bientôt.
Note : extrait d’un poème d’Abou el Kacem Chabbi dont j’ai connu l’existence lors de mon voyage en Tunisie du sud en décembre 2004.
''Si un jour le peuple désire la vie
Il faut que le destin réponde
La nuit s’achèvera quoi qu’il arrive
Et le joug se brisera absolument. ''
Mon commentaire : Les chaînes se brisent grâce à la volonté de l’homme et de Dieu….





Derniers commentaires