Le Grand Sud, la vallée du Dadès, la vallée du Drâa Novembre 2007
Aït Ben Haddou
Arrivée à Ouarzazate.
Ma première destination sera Aït Ben Haddou, la majestueuse ville de Casbahs entrevue lors de mon tout premier voyage à Marrakech, où, avec un 4 X 4 par la piste de Telouet, - formidable expédition au printemps -, j'avais rejoins avec un petit groupe Aït Ben Haddou. Ce fut la seule fois de ma vie que j'aurais voyagé d'une manière « organisée », malheureusement sans temps aucun, car la belle ville avec tant de photos à prendre, je ne l'aurais aperçue en coup de vent. Quelle frustration !
Là, je vais louer une voiture, comme je fais toujours maintenant. Et libre à moi de prendre toutes les photos possibles ! Un bonheur.
Un co-voyageur se joint parfois à moi et nous partageons les frais d'un jour ou deux. Sans que cela n'altère en rien nos buts et voyage dans cette région, prendre les photos de cette région de rêve et y penser y revenir encore et encore.
Aït Ben Haddou et les Vallées des Roses et du Dadès, ce sera avec Khalid, un belge d'origine marocaine que nous découvrirons ces paysages. Il est calme, séduisant et nous avions réservé ce court « trip » depuis Paris par téléphone. Retour en arrière car Aït Ben Haddou se trouve avant Ouarzazate.
La cité des films... rouge est L'oued Drâa qui passe là, ocre-rouge les casbahs, cette ville forteresse, Le Ksar, que j'ai cru voir souvent - et c'était bien elle dans des films..., « Un thé au Sahara » et d'autres. Car en plus des studios, les tournages se font sur les sites adaptés. Après avoir pris une petite route où déjà une belle bâtisse non rénovée nous annonce les splendeurs à venir, nous approchons. Un iguane ou autre très grand lézard vert vif traverse la route très vite. Pas le temps de le photographier.
Lieu touristique, cet endroit retrouve toute son authenticité lorsque tôt le matin, on arpente ces ruelles et monte jusqu'en haut du monticule pour avoir une vue panoramique. A l'entrée de la la ville, des objets et ustensiles anciens sont exposés. Peu de boutiques. Un restaurant. Je ne m'attarde pas sur cela. Ces forteresses ou Ksar (Ksour au pluriel) dont un village fortifiés ont été bâties pour se protéger des ennemis. Se regrouper derrière ces murailles était vital. Murs de terre, ouvertures petites des habitations pour se protéger du climat, sol en terre battue, ces édifices sont très nombreux dans le sud. Fragile, le pisé - dont je verrais plus tard la fabrication à base de briques de terre-, se dégrade vite au fil du temps. Aujourd'hui, les coûts font que l'on construit en parpaing.
Des dromadaires sont près de l'oued Drâa. Un petit et sa mère, puis un autre. Il s'abreuvent. Spectacle charmant du petit animal prenant le lait de la chamelle. J'attendrais que le bébé ait avalé son repas pour prendre ma photo.
La Vallée du Dadès
Photos prises, nous quittons l'endroit pour nous diriger vers le Dadès.
Le grand lac artificiel de Ouarzazate où des jeux nautiques ont maintenant lieu se trouve à notre droite, grandiose. Il permet aussi, lorsque l'eau est lâchée du barrage de remplir l'oued Drâa asséchée après le printemps. Ceci est indispensable à l'arrosage des jardins des communes comme Zagora.
Cette vallée du Dadès est moins sèche, la végétation plus abondante. Tout du long, des casbahs, une partie qui au printemps fournit les roses et permet la fabrication des produits à base de cette fleur et vendu sur la route dans des boutiques où l'on voit bien que certains ne sont pas naturels mais à base d'additifs chimiques. A Ouarzazate aussi, nous pouvons voir ces échoppes roses à l'aspect séduisant. Je n'ai plus que cette journée avec Khalid pressé car il souhaite aller dans sa famille d'une autre région, alors je crois que nous ferons l'essentiel jusqu'à Boulmane Dadès. Puis après avoir ramené Khalid à Ouarzazate, je garderais la voiture pour descendre la vallée du Drâa. J'ai d'autres personnes à voir, une agence de méharées et autres trek dont je connais la responsable et je cherche les gravures rupestres de Tazzarine. Il y de quoi raconter une étrange histoire, vraie ou fausse sur ces gravures. Et je veux comme à Essaouira visiter des appartements. Donc le programme sera Amerhidil, Skoura, M'Gouna, et voir l'entrée des Gorges du Dadès.
Achats de produits sur la route, Khalid doit ramener à ses cousines des savons, lotion etc.... je profite de l'occasion pour acheter un savon, mais le comble c'est qu'il sera à l'huile d'argan. Ces produits aux couleurs vives ne me tentent pas !
Amerhidil : une casbah magnifique, musée et à priori maison d'hôte. Architecture parfaitement et récemment rénovée. Visite, c'est un petit paradis, jardinet très authentique, petits bancs et plantation d'herbes aromatiques, et toujours comme à Aït Ben Haddou, les ustensiles, un four très original et plus loin dans la nature, je verrais des grandes briques de terre rouge sécher au soleil de l'automne, le temps est beau et le guide de la Casbah nous a dit qu'un traducteur et écrivain de poèmes va venir dans le patio pour présenter ses œuvres.
Ce poète est d'une grande dignité et timidité, et n'ose pas parler d'argent pour ses petits livres dont un est bilingue arabe/français. Il émane de lui une grande sagesse. Mon métier, concernant les livres fait que je me sens bien à discuter avec cet homme. (rentrée en France à mes occupations livresques, je verrai qu'il est effectivement le traducteur de certains ouvrages). Pour le moment, je lui achète à un prix maximum pour son travail magnifique le petit ouvrage que j'ai en main. Il est ému. Nous buvons le thé à la menthe, il me dédicace le livre dans le patio de verdure aux banquettes garnies de couvertures rayées...... Un moment qui restera en ma mémoire. J'offrirai le recueil à la bibliothèque où je travaille et j'inscris : «Ce recueil m'a été dédicacé dans la casbah d'Amerhidil (Vallée du Dadès-Maroc) par l'auteur rencontré par hasard le jour de mon passage ici. C'est sa poésie. Je vous l'offre.» SC
Puis, Khalid se promène et photographie l'oasis..et la splendide bâtisse. Moi, de même. Des chameliers nous proposent une balade. Pas le temps. A Chaque coin de route, j'ai pris toutes les photos dans ces lieux, puisque j'ai cette liberté de choisir mes plans, mes arrêts sur image. Skoura, M'Gouna, Oasis et casbahs, indéniablement la beauté végétale et architecturale. Boulmane Dadès est quelconque en comparaison. Une nuit de repos et retour à Ouarzazate. Notre voiture fiat, avec le dossier cassé n'est pas une alliée. Khalid est épuisé, peut-être souffrant. J'ai mal pour lui mais gentiment, il ne veut pas me passer le volant. Moi aussi, la route, les rencontres, la diversité me fatigue un peu.
Dès la fin de la matinée, je pars vers Zagora. Il faut 2h30 à 3H. Un peu plus avec les nombreux arrêts et le repérage des chemins perpendiculaires pour y revenir la semaine prochaine
La Vallée du Drâa (Zagora, Tamegroute, Tagounite, Tazzarine, Ouled Driss, La découverte du Sahara, Achat de l'appartement)
Pour ce voyage en novembre, j'avais mis la priorité sur les gravures rupestres de Tazzarine, tant en ayant peu d'information, juste une photo. Y en a t-il d'autres, d'où viennent-elles ? Elles semblent représenter les animaux présents avant la désertification : girafe, rhinocéros... gazelles aussi.
C'est dans la région de Tata, Aka, Icht où il t aller pour voir le plus de gravures.
Je ne parle m^me pas de l'Algérie et des superbes peintures du sud (Tassili).
Je longe l'unique route (une piste parallèle existe) et je vois cette belle vallée, l'oasis, large, ces montagnes aux roches volcaniques noires, puis la terre ocre rouge omniprésente. Je suis donc déjà passée là et j'y passerais souvent avec 6 voyages futurs dans la vallée du Drâa. Je reconnais ce bleds quelconques, ces casbahs détruites pas entretenues sans élégance. La beauté intense vient de la nature et de que que l'homme a fait en en restant le plus proche possible : les ksour de terre. Abimés, eux, gardent un charme indéniable. La nature est grandiose là, avec cette minéralité et cette verdure de l'oasis qui se complètent et font le charme de nombreuses régions du Maroc. Je prends quelques photos fait le repérage. Il fait frais dans les maisons en novembre et les habitants sont sur le bord de la route ou les pas de portes pour prendre le soleil car les maisons n'ont pas de chauffage. Arrivée au niveau du Drâa, d'après ce que verrais, il n'y pas de cheminée.
ZAGORA
C'est la ville au panneau : TOMBOUCTOU, 52 jours de chameaux (c'est une copie de l'authentique)
Arrivée. J'ai réservé un hôtel avant la grande porte de la ville, ces portes il y en presque partout (celle de Zagora n'existe plus aujourd'hui - décembre 2008). L'hôtel est très bien, on me donne une suite, la piscine et l'endroit sont très beaux... et je pars à pied car j'ai bien deux heures devant moi, malgré la fatigue pour voir les personnes que j'ai connue et une agence pour avoir un 4 X4 un jour de la semaine prochaine lorsque j'aurai rendu la voiture. L'hôtel à cette époque hors vacances scolaire est presque vide.
Donc, je me précipite pour marcher, pour détendre mes jambes aussi. Je rencontre mes « admirateurs », et passent mon chemin après avoir bu le thé de bienvenue et me dirige vers l'agence de tourisme équitable bien en évidence sur Internet et dont la Présidente est une collègue à moi. C'est une Association qui fait travailler au mieux les gens... enfin surtout la famille et proches.
Rencontre – prise de contact Je rencontre devant une boutique un jeune homme de bleu vêtu (celui des faux guides) qui se bat avec son portable... un message malsain envoyé par une touriste; Je lui demande s'il la connait et s'il veut que je lui lise.. il me dit non, et tant mieux !! quel contenu ! Là, je lui explique mon projet de journée « gravures rupestres » et ma recherche de l'agence de méharées. Il m'y emmène et pour cause il est de cette famille et travaille souvent pour eux. Je réserve pour Tazzarine (samedi). Cher ! Mais j'avais prévu et je compte si tout va bien aller bien plus loin car cette ville, assez grande est commerçante, touristique, est le lieux où je pourrais chercher un appartement pour éviter d'aller dans les hôtels où je m'ennuie souvent. Beaucoup sont en construction. J'oriente vers un logement vers le centre, le souk pour être autonome sans véhicule parfois.
Je demande partout autour de moi et tout le monde dont l'agence, veut me faire visiter, j'ai un budget prévu. Je ne le dépasserais pas. Mais je suis au-dessus des prix et je l'apprendrai trop tard.
Promenade Je visite l'arrière de la ville vers la vallée du Drâa : magnifique : des jardins potagers, des palmeraies, le Drâa. Les dromadaires vers l'oued.... oui, j'aime cet endroit pratique et beau, même si la ville est quelconque; Je ne l'avais vue que très vite, je la découvre vraiment et son côté légèrement citadin me plait. On peut vivre sans voiture, pour faire ses courses, voir ses amis : elle est encore à taille humaine. Le jeune homme de 30 ans en fait : pas si jeune derrière son visage voilé s'appelle Idriss, il est peut-être métissé, mais éventuellement d'une tribus saharienne à la peau un peu foncée. Il me raconte que sa famille vivait dans le désert. Son type est presque africain. Il m'invite chez lui pour le lendemain. Je n'insisterai pas car je veux profiter de la voiture pour rouler vers Tamegroute, Tagounite et Ouled Driss.
Achats, le commerce, le clan Ce soir, afin d'en finir avec le sujet, je vais faire des achats de bijoux car mes collègues m'ont fait une liste précise. Je me fais expliquer toutes les sortes de pierres, toutes le formes et leur signification. Passionnant. Je prends également pour moi dans une boutique évidemment ou le patron est aussi guide pour l'association. On échappe pas aux « réseaux », sinon les jaloux se manifestent. Dès le premier jour, je le verrais, le vivrais, on m'empêche presque de parler à tout le monde... une proie.. déjà !!. J'ai décidé de rester dans le « clan » de l'association de tourisme équitable dont ma collègue est la présidente; C'est peut-être plus prudent. Pas sûr.
Je demande des nouvelles de la femme que j'avais rencontré à Essaouira et qui devait venir là vers Zagora. Par correspondance, nous avons communiqué, et je sais qu'elle est là. Ils me répondent qu'elle y est peut-être car elle a acheté une casbah. Je vais lui téléphoner.
La rue J'observe les femmes en haïk colorés ressemblant à des saris indiens comme au Mali ou en Mauritanie, ou vêtues de noir qui est la tenue classique de la Vallée du Drâa. D'ailleurs, je la possède : c'est un grand tissus noir brodés de motifs berbères colorés, ainsi que plein d'autres vêtements marocains, que je porte car cela fait plaisir aux familles qui m'invitent. J'aime être une autre de manière éphémère et ils adorent me photographier ainsi. Tout le monde est content. En voyant, tous ces costumes le soir après 17 h, heure où les femmes se promène avec un sourire radieux, souvent visage à découvert, je me dis que ZAGORA, C'EST LA PORTE DU DESERT, MAIS C'EST DEJA L'AFRIQUE.
Grandeur et décadence J'essaie de faire plaisir, le plus possible en donnant des vêtements et d'autres choses plus utiles comme tous les voyageurs et plus tard bien plus, car je ne serais plus tout à fait une voyageuse, mais une habitante sur mes périodes de liberté. Mais, je resterai une européenne pour moi et pour eux , c'est mieux. Malgré mon aspect «métisse espagnole/maghrébine» lorsque je suis bronzée (mes origines lointaines), Il m'appelle Zina d'ailleurs, cela ne change rien à la donne car c'est le pouvoir d'achat qui décide de tout. Malheureusement, malgré ma volonté d'agir avec l'option primordiale d'aider grandement et ma gentillesse, c'est ainsi au Maroc comme dans tous les pays en voie de développement où règne encore la pauvreté. Je vois que les prix sont pour moi multipliés par 2 ou même 10 et donc, j'envoie Idriss, seul, pour les achats autres que bijoux que je connais car j'ai déjà pratiqué les prix à Essaouira et j'en possède sur moi. On ne peut pas me tromper.
Intermède Je téléphone à ma compatriote. Elle est là. Mais elle est débordée par les papiers pour son achat et fait le voyage entre Zagora et Ouarzazate pour voir le notaire. Je la verrai en fin de semaine prochaine... je lui dis mon projet. Elle n'a pas le temps de voir avec moi. Et son « réseau » n'est pas le même que le mien. Il va falloir être diplomate. Quelle vacances ! Demain Tamegroute
TAMEGROUTE
Tamegroute est le lieu de L'ancienne Ecole coranique , la bibliothèque que l'on peut voir avec de passionnants livres très vieux sur les thèmes des mathématiques, de la religion, des sciences... je visite avec un guide gratuitement (un miracle) car je suis déjà presque du coin. La poussière est là, mais je suis comblée par la richesse de ce fonds dont les vitres sales me sont ouvertes.
Idriss m'attend dehors et lorsque, après avoir signé le livre d'or et inscrit ce que je pouvais mettre de plus beau, je retrouve mon ami-guide en conflit avec une touriste qui veut le prendre en photo. Moi, je ne fais jamais cela, sauf si on m'autorise ou dans les familles que je connais et dont je ne publierai jamais l'image. La femme me voyant demander ce qui se passe est surprise, choquée, bref comme d'habitude. Je demande à Idriss son avis. Tant mieux, il ne veut pas. C'est clair que moi,une française je ne l'intéressais pas en photo avec mon accompagnateur et ami du moment !
Tamegroute, est aussi le ville de la poterie verte.........
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